"ESS de la culture et culture de l'ESS"

Du 15 au 17 mai 2019 à l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée

 

Les propositions sont de 1200 mots maximum, elle doivent préciser le sujet, la méthodologie, l'apport. Elles seront évaluées en double aveugle par le comité scientifique et devront donc posséder deux éléments disctincts:

  • Une fiche d'identification précisant le nom du ou des auteurs, ses qualités, le titre de l'intervention et un acronyme de cinq lettres
  • La proposition proprement dite de 1200 mots maximum identifiée par son seul acronyme précisant l'axe et comprenant une bibliographie indicative d'au moins cinq références.

Vos propositions sont à envoyer à herve.defalvard@u-pem.fr et chaire.ess.upemlv@gmail.com en précisant l'axe auquel elle est destinée avant le 12 janvier 2019 

APPEL À COMMUNICATION À télécharger

Sous la figure du chiasme, le titre des XIXe Rencontres du RIUESS à Marne la Vallée indique qu’elles portent sur les deux sens de la culture pour l’économie sociale et solidaire (ESS) : en tant que secteur d’activités et en tant que droits culturels selon la Déclaration de Fribourg. Et plus encore qu’elles souhaitent relier ces deux sens. Pour les relier, nous proposons de dépasser la définition usuelle de l’ESS comme un mode spécifique d’entreprendre pour aller vers celle d’un mode de développement comme a commencé à l’introduire dans la loi sur l’ESS son amendement du 9 mai 20142. En effet, l’ESS de la culture et la culture de l’ESS se rejoignent pour soutenir un mode de développement fondé sur une grappe de valeurs que sont la démocratie, l’égalité, l’émancipation, la durabilité, voire la sobriété.
Depuis longtemps, des activités culturelles sont organisées sous formes associatives (on pense aux Maisons des Jeunes et de la Culture) ou coopérative (on pense à la Scop du Théâtre du soleil et autres Scic ou CAE plus récemment)3. Avec les associationnistes du premier XIXe siècle (Owen, Fourrier) les valeurs de la démocratie et de l’émancipation furent une boussole pour leurs alternatives au capitalisme libéral. Aujourd’hui, dans le contexte de mondialisation néolibérale et de développement du social business suivant une logique de « moralisation » du capitalisme, des dialogues se nouent entre la recherche en science sociale et les initiatives qui
se situent dans les marges et sur les « ruines du capitalisme » (Lowenhaupt Tsing, 2017). Une meilleure compréhension du couplage entre diversité culturelle et diversité des modes de gestion traduit une tentative de recentrer les pratiques d’économie sociale et solidaire dans leur fonction transformatrice.
Au-delà du secteur défini à partir d’un périmètre, progressivement institutionnalisé et régulé par des normes professionnelles et d’intérêt général, et qui peut se décliner autour des notions d’art et de création, de patrimoine matériel et immatériel, d’industries culturelles, créatives, numériques… ou bien de champs thématiques (le spectacle, l’audiovisuel, les arts visuels, le livre, le patrimoine etc.), la culture se définit plus largement comme « un processus interactif par lequel les personnes et les communautés, tout en préservant leurs spécificités individuelles et leurs différences, expriment la culture de l’humanité » et « expriment leur humanité et le sens qu’ils donnent à leur existence, et construisent leur vision du monde représentant leurs rapports avec les forces extérieures qui influent sur leur vie.» (Observation générale 21 du Pacte International relatif aux Droits Economiques Sociaux et Culturels).
S’il existe des croisements et des pratiques communes entre l’ESS et la culture dont témoignent les travaux menés par Opale (http://www.opale.asso.fr/) ils n’en demeurent pas moins très souvent invisibilisés laissant place au constat officiel d’une cloison entre ces deux histoires (cf. Latarjet, 2017). Pour nous, l’émergence au début du XXIe siècle d’une ESS comme mode de développement change la donne et offre l’occasion de larges rencontres entre l’ESS et la culture. Ces XIXe Rencontres du RIUESS, organisées à Marne-la-Vallée, haut lieu du tourisme et du divertissement marchands, souhaitent apporter par ses contributions et ses échanges entre chercheurs et acteurs des éclairages sur cette nouvelle donne à même de favoriser un ensemble de pistes pour un autre vivre ensemble au XXIe siècle. Pour cela, nous proposons cinq portes d’entrée :
Axe 1 : Les modes d’organisation de l’ESS dans et par la culture
Axe 2 : Les cultures de l’ESS entre pluralisme, isomorphisme et nouvelles voies
Axe 3 : Les alliances entre la culture et l’ESS
Axe 4 : L’interculturel dans l’ESS
Axe 5 : Minorité, diversité à la croisée de l’ESS et de la culture

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